Les ors du palais et la Garde républicaine en grande pompe n’y feront rien, le moment historique annoncé n’a pas eu lieu ! Le discours de 45 minutes du Président n’était rien de plus qu’une annonce télévisée devant un public guère participatif.
On a commencé sur un registre très chiraquien : Sarkozy tentant de nous prendre une posture d’antimondialiste. Mais venant du roi du libéralisme moderne à l’américaine, il y avait comme un goût de farce… Il est vrai qu’à Versailles, le Roi aimait à danser et à jouer la comédie devant sa Cour… Même si la cour est restée très sage dans ses applaudissements. On est loin de l'ovation annoncée !
Après un discours sur la modernité et la particularité de la France (Guaino a du relire avec attention le discours de son ennemi juré De Villepin à l’ONU) Sarkozy est venu contredire son idole d’hier Georges Bush, en prônant la spécificité de la vieille Europe.
A suivi un ensemble d’annonces à la méthode Coué : la crise ne durera pas, il faut se préparer à un avenir meilleur, les trente glorieuses sont derrière nous… Je ne vous citerai pas toutes les banalités sans idéologie annoncées.
Côté annonces concrètes ?
Un remaniement ministériel, quelle surprise !
Aucune remise en question du paquet fiscal et de son injustice sociale, sans tenir compte des 140 milliards d’euros de déficit !
La poursuite du projet Hadopi pour protéger les droits d’auteurs les plus puissants sans tenir compte là aussi des petits auteurs qui ne peuvent plus vivre de leur créativité.
Les salariés licenciés qui garderons 80% de leur salaire pendant un an, on pourrait saluer cette mesure, mais la contrepartie est inacceptable : renoncer à ses indemnités de licenciement… Encore un cadeau aux patrons (et les plus grosses sociétés sont celles qui licencient le plus) en se servant dans les caisses de l ‘Etat. C’est les actionnaires qui sont contents !
Mais puisque les caisses sont vides, Sarko a la solution : l’emprunt national ! Quelle modernité et quelle audace ! Est-ce par ce que personne ne
veut plus prêter à la France déjà si endettée ? Où est-ce pour faire profiter à ceux qui auront encore les moyens de prêter de l’argent à l’Etat d’un rendement financier garanti payé par
l’ensemble des Français ?
Ont suivi dans le désordre, des annonces peu fraiches déjà clamées par ses porte-paroles personnels, je veux parler de ses ministres : réforme des retraites (travailler plus longtemps pour gagner moins), la réforme du système de santé et de retraite (travailler plus pour payer plus), la réforme du système scolaire (étudier plus pour chômer plus)… La suppression de la taxe professionnelle sans annonce de son remplacement, histoire de mettre encore un peu plus d’incertitude sur les financements des communes et des départements, et les encourager à prévoir des investissements pluriannuels (nécessaires à la relance) sur des fonds sans garanties.
Mais n’oublions pas la solution de Sarkozy pour sortir les comptes publics de l’ornière : il faut économiser chaque euro de dépenses publiques ! Alors réduisons de moitié les élus locaux ! Il est vrai que les élus locaux aujourd’hui sont majoritairement de gauche ; il est vrai que la majorité des élus locaux ne sont pas des professionnels de la politique et donc assumer deux fois plus de responsabilités les forcera ainsi à le devenir. Croyez-vous qu’avec deux fois plus de travail en commission, réunions et autres obligations, ils seront plus proches du terrain et de leurs administrés, comme le demande la majorité des Français ? Tout ça pour économiser un euro ? Car ne nous trompons pas, les économies réalisées sur cette mesure, ramenées à la masse des dépenses publiques, ne représentent que très très peu d’économie.
Mais il est vrai que réunir le Congrès pour écouter un discours sans importance et sans conviction, ne coute que 400 000 € ! En ses temps de crise, il est nécessaire de dépenser plus pour endetter plus !
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