Vendredi 9 mai 2008

La démocratie implique le débat et, contrairement à la droite qui fonde son parti sur la seule personnalité de son leader, le Parti Socialiste a toujours su débattre sur le socle d’idées à porter et sur la personnalité à même de représenter ces idées. Cela surprend parfois mais c’est le signe de notre véritable engagement démocratique. La participation de chaque militant à la vie et aux décisions du PS est la base même de notre fonctionnement.


Risquer de lancer le débat et les polémiques. Risquer de se déchirer une nouvelle fois sur des idées qui nous tiennent à cœur et qui parfois nous déchirent. Risquer de faire des choix clairs sur certains points. Risquer de faire des compromis là où l’idée à défendre le mérite. Risquer de discuter cartes sur table, sans arrière-pensée et sans faux-semblants. Risquer de définir ensemble, TOUS ensemble, un nouveau départ de notre Parti. Tel est le défi qui nous attend à la veille de ce congrès.

Quatre ans c’est court pour certains, c’est vrai. Mais quatre ans c’est long aussi, surtout rapporté au rythme des médias qui sont capables, par nécessité le plus souvent, de porter aux nues une candidature qui plaît au public, et qui dans un temps différent vont la descendre en flèche car le vent a tourné. Il ne faut ni ignorer le pouvoir des médias, ni le défier. Il faut simplement se recentrer sur notre destinée et les choix que nous voulons insuffler à ce nouveau départ. Il faut absolument éviter l’écueil de la simplification imposée par les médias et qui nous submerge : le choix de notre politique ne passe pas par le choix d’un leader (et encore moins d’un prochain candidat) mais passe par le choix d’une idéologie. Il faut juste être attentif à ne pas tomber dans le piège de la simplification imposé par le style journalistique actuel, moins de place aux débats et plus de place aux gros titres. En se préoccupant de nos « crises » ils ne font que répondre à cette soif actuelle de « peopolisation » excessive. Même Sarkozy, qui en a tant joué durant la campagne et les premiers mois de son mandat en paye aujourd’hui les frais. Laissons les médias faire leur travail et faisons le nôtre, en toute discrétion s’il le faut.


Le Parti Socialiste doit enfin entrer dans le XXIème siècle et doit, à la suite de la Déclaration de Principe qui vient d’être faite, redéfinir ses choix politiques, clarifier sa position face à la mondialisation, ancrer ses positions humanistes et écologiques, assumer sa position de politique sociale et économique. Il doit se moderniser. Et une fois que nous aurons redéfini l’ossature de notre idéal, une fois que le patron du costume sera taillé, il nous faudra choisir celui qui rentrera le mieux dans cet habit de leader. Choisir un candidat pour choisir une politique nous amènera une nouvelle fois à nous déchirer sur des rancœurs et des rumeurs, sur des anecdotes sorties d’un contexte et finalement, ni notre parti, ni le candidat, n’en sortira grandi. C’est en assumant notre diversité que naîtra le candidat de 2012. Le candidat idéal est celui qui se construit dans et avec le Parti, mais c’est aussi celui qui profite du moment propice pour s’imposer naturellement aux yeux de ceux qu’il représente. Ce moment n’est pas encore arrivé. Il faut donc veiller à semer le terrain pour qu’il soit favorable à une gauche réunie, différente et soudée.


En son temps Mitterrand n’était pas le seul à pouvoir prendre cette place. Avez-vous oublié les luttes entre Mitterrand, Joxe, Rocard et Chevènement ? Est-ce si nouveau de se retrouver dans une telle situation ? Non. Et si les succès d’hier raisonnent de façon lointaine dans nos mémoires, il ne faut pas oublier que nous avons déjà su nous retrouver autour d’un programme avec un socle d’idées et de buts communs. Retrouvons l’énergie qui nous a guidés en 1981 ou en 1997.

Nous devons redéfinir ce socle, ce « programme », détaillé, planifié, chiffré quand cela est nécessaire. Les Français sont de moins en moins sensibles aux discours idéologiques et de plus en plus attentifs à ces détails. Nous nous devons de prendre en compte cette évolution. Nous devons aussi étudier le travail de rénovation entrepris avant nous par les Allemands, les Italiens ou le Parti Travailliste Anglais, dans la forme -pas forcément sur le fond-, et en tirer les leçons pour notre Parti. Nous devons absolument changer. Nous devons affronter nos vieux démons et regarder devant nous, sans peur et sans a priori.

C’est à ce prix seulement, que nous pourrons à nouveau porter la volonté de progrès incarnée par notre mouvement, notre souhait de rassembler plus loin que notre Parti. C’est par ce dialogue que nous pourrons enfin retrouver notre volonté de gagner et de diriger ce pays, pour changer les choses. ENSEMBLE.


TOUS ENSEMBLE.


Par Le Noiséen Socialiste - Publié dans : Actualités
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